Localisation : île d'Honshu, Japon
Coordonnées : 35°21' N
138°44' E
Altitude maximale : 3776 m
Description succinte : stratovolcan, volcan rouge
Accessibilité : Avec plus de 200 000 visiteurs par an, les sentiers qui montent au sommet du volcan ne présentent pas de
difficultés techniques ni d’orientation mais nécessitent une forme suffisante pour s’affranchir la longue distance entre la fin de la route, à 2300m, et le sommet. Du fait de sa haute altitude,
le cône est recouvert de neige et de glace hors période estivale et certains équipements sont alors indispensables pour le gravir.
Crédit photo : M. Sugiyama. Photo prise au lever du soleil, le 1 janvier
2005, depuis la ville de Shizuoka.
Véritable icône au pays du soleil levant, le Fuji San est un majestueux volcan aux dimensions impressionnantes situé 100Km au sud-ouest de Tokyo, sur l’île de
Honshū. Ses 3776 mètres d’altitude font de ce volcan le plus haut sommet de l’archipel nippon, loin devant son dauphin, la montagne Kita-Dake (3193m).
Mesurant 30 km de diamètre, la Fuji San, aussi appelé Fuji-Yama par les occidentaux, est un cône quasi-symétrique de 870 Km3 de matériaux volcaniques
coiffé d’un cratère de près de 600 m de diamètre et dont les pentes sont constellées d’une centaine de cônes adventifs témoignant le passé tumultueux du volcan. La montagne la plus visitée au
monde, foulée par près de 200 000 visiteurs et pèlerins chaque année, cache sous son aspect paisible et ses neiges sommitales, un appareil à peine endormi vieux de plusieurs centaines de milliers
d’années.
Le mont Fuji est un stratovolcan qui s’est édifié au cours d’une série d’éruptions volcaniques. Le cône est situé à l’aplomb d’une zone de subduction où
la plaque philippines plonge sous la plaque eurasiatique. Cependant, le volcanisme engendré par ce type de phénomène ne peux expliquer à lui seul la nature et la quantité des produits émis
estimés à 10 000 Km3 tous les 100 000 ans. Une étude publiée en 2004 dans la revue New Scientist par une équipe de chercheurs de l’Université de Kyoto à mis en avant l’existence d’un panache
mantellique (plume) directement sous le volcan qui permettrait à la chambre magmatique d’être alimentée par d’énormes volumes de magma en provenance du manteau. La conjugaison du caractère
explosif d’un volcanisme de subduction et d’une forte alimentation en basalte serait donc responsable de l’immense taille et de l’intense activité du volcan depuis le début de sa
formation.
Les premières phases d’édification du volcan remontent à la mise en place du panache mantellique dans un contexte de collision continentale il y a
environ 2 Ma. De cette période il ne reste qu’un cœur d’andésite mis en évidence à l’intérieur du volcan et des couches de basalte. Il y a environ 100 000 ans, un regain d’activité du volcan a
entraîné la création d’un nouveau cône, le Ko-Fuji (« Vieux Fuji ») et l’enfouissement sous celui-ci des appareils volcaniques antérieurs dont la présence est a peine trahie par quelques
irrégularités sur les pentes du volcan. La croissance du Shin-Fuji (« Nouveau-Fuji ») à débuté avec une période d’intense émission de laves s’étalant entre 11 000 et 8 000 ans BP (avant J.C.)
comptant pour les quatre cinquièmes du volume du nouveau volcan. Par la suite s’est mise en place une alternance de période d’émissions de laves et d’activités pyroclastiques associée à la
formation des nombreux cônes adventifs depuis 4 000 ans.
Dans les temps présents, on estime qu’une quinzaine d’éruptions ont eu lieu depuis l’an 781 avec quelques longues périodes d’inactivités comme entre 1083
et 1511 où depuis la dernière éruption fin décembre 1707. Cette dernière éruption à été la plus importante des temps modernes. Au cours de cet événement qui forma le cratère Hoeizan sur le flanc
sud-est du Fuji San, les cendres émises se sont propagées jusqu’à Tokyo, pourtant située à 100 km du volcan.
Même si le risque volcanique lié à ce volcan est pour le moment limité si l’on en croie les spécialistes, il ne fait aucun doute qu’il finira par se
réveiller à nouveau dans un proche avenir. On a cru à ce réveil entre septembre 2000 et janvier 2001 lorsque le nombre de secousses telluriques à augmenté sensiblement pour passer de 2 par mois à
plus de 200 en novembre. Ces secousses, situées à 15 km sous la surface, ont probablement été provoquées par des mouvements au niveau de la chambre magmatique mais n’ont pas provoqué de
manifestations volcaniques extérieures.
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Par Tethys
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Publié dans : Extrème Orient
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