Localisation : Bali, Indonésie
Coordonnées : 8°14' S
115°25' E
Altitude maximale : 1717 m
Description succinte : stratovolcan gris
Accessibilité : Depuis la ville de Toya Bunkkah, au pied du volcan, la piste la plus fréquentée pour l’ascension vous mène au sommet en 3 heures d’une marche peu
difficile. Les 800 mètres de dénivelé se réalisent en général de nuit afin de faire profiter aux touristes du lever de soleil depuis le sommet et d’éviter les nuages souvent présents au cours de
l’après-midi.
Crédit photo : Emmanuelle Bouquot
Des deux édifices volcaniques majeurs présents à l’Est de Bali le volcan Agung est le plus élevé mais le Batur est le plus actif.
La modeste élévation du Batur, 1717 mètres, et sa spectaculaire caldeira en font l’un des lieux les plus touristiques de l’île. Le cône
du volcan actuel est en effet situé au centre de deux caldeiras concentriques et elliptiques mesurant respectivement 6x9 et 10x13 km de largeur et qui renferment dans leur partie Est un lac aux
eaux bleu virant au turquoise profond de 81m. A l’arrivée au sommet de la caldeira externe, comme le montre la photo, on peut donc apprécier en contrebas tout un paysage volcanique actuellement
désert s’élevant progressivement jusqu’au sommet du cône actuel.
Si le fond de la Caldeira est actuellement inhabité, ce ne fût pas toujours le cas, c’est ainsi qu’en 1917 puis en 1926 le village de Batur fût par deux
fois rasé par deux éruptions majeures avant d’être finalement reconstruit sur le bord de la caldeira. La coulée de lave noire que l’on aperçoit sur la photo correspond à la dernière grande
éruption de 1963 et nous rappelle clairement combien installer une ville à proximité directe d’un volcan est une idée périlleuse. Mis à part les éruptions majeures le volcan est le siège
d’activités volcaniques plus modestes récurrentes au bout de quelques années et d’une activité fumerollienne permanente.
Le complexe volcanique du Batur repose sur une base de roches sédimentaires et volcaniques mises en place entre le Miocène et le Pliocène, soit
grossièrement entre 20 et 3 Ma. Sur ces roches s’est édifié le premier stratovolcan jusqu’à une hauteur avoisinant probablement les 3000 mètres. Ce volcan, composé de téphras et de laves
d’andésite basaltique et de basalte, s’est effondré il y a 29300 ans lors de l’éruption responsable de l’émission des ignimbrites dacitiques dites « Ubud » et « Gretek ». Les roches composant cet
ancien volcan sont bien visibles à l’Est et au Nord sur les parois de l’imposante caldeira I (externe) qui est le résultat de cet effondrement. Il est estimé actuellement que la dépression
engendrée au cours de cet effondrement était de l’ordre du kilomètre ! La caldeira II (interne) à été crée il y a 20150 ans suite à l’effondrement d’un nouveau volcan formé à l’aplomb de la même
cheminée volcanique. Cette nouvelle éruption à donné lieu à l’émission des ignimbrites dacitiques dites « Gunungkawi » et « Batur ».
Le volcan actuel s’est formé à l’intérieur de la caldeira II. L’activité volcanique associée est notamment marquée par la formation de maars et de cônes
de cendres, on en a recensé plus de 10. Les dépôts phréatiques et phréatomagmatiques recouvrent ainsi une grande partie de la surface de la caldeira. Cependant, ce sont des éruptions de laves
vitreuses riches en basalte à olivine et en andésite basaltique qui ont représenté l’essentiel de l’activité volcanique. Ces éruptions se produisent encore actuellement au centre de la caldeira
et ont déjà formé de nombreux cônes dont trois au moins de très grande taille.
Selon Marinelli et Tazieff, en 1967, La longue période d’émission de basaltes et d’andésites basaltiques basiques ayant précédé l’expulsion des
ignimbrites a favorisé une forte zonation de la chambre volcanique par le biais d’une importante cristallisation fractionnée. La présence et le mouvement d’une ou plusieurs failles normales,
mises en évidences par le basculement des couches en surface, aurait pu favoriser une remontée du gradient géothermique et ainsi remobiliser la volumineuse partie supérieure acide de la chambre
et l’expulser vers la surface sous la forme d’ignimbrites dacitiques. Les condition géodynamiques de la région ayant peu évolué en 20 000 ans et la composition observée des laves étant de plus en
plus appauvrie en SiO2, il est probable que le réservoir magmatique présente de nouveau les même signes de zonation et qu’un jeu important dans le système de failles puisse libérer dans le futur
de nouvelles ignimbrites.
Par Tethys
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Publié dans : Asie du sud-est
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