Vos photos nous intéressent, envoyez-nous vos photos de volcans, nous les publierons sur notre site avec plaisir en y ajoutant votre nom. Noubliez pas de légender vos photos (nom du volcan, date, lieux...)


Syndication

  • Flux RSS des articles
Localisation : Canal du Mozambique, Océan Indien


 Coordonnées : 19250 S
                            45,10 E


Altitude maximale : 660 m


Description succinte : ïle volcanique, volcan éteint















Crédit photo : Google Earth


Situé au Nord-Ouest de Madagascar, dans le canal du Mozambique, l’archipel des Comores est composé de quatre îles majeures qui sont d’Ouest en Est Grande Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte. Leur âge croissant vers l’est et leur alignement sont le résultat du déplacement le long d’un axe NW-SE de la plaque somalienne au dessus d’un point chaud, dont le volcanisme est actuellement représenté sur Grande Comore par le volcan Karthala.

Entourées par l’un des plus beaux lagons de la planète, Grande Terre et Petite Terre (Pamandzi) constituent l’ensemble insulaire de Mayotte. Cette collectivité départementale d'outre-mer française de 374 km² est l’édifice volcanique émergé le plus ancien de l’archipel des Comores, l’érosion due à son âge, estimé autours de 8 Ma, et la forte subsidence que connaît l’île sont responsables de la faible altitude des reliefs terrestres qui ne culminent qu’à 660 m au sommet du mont Bénara.

D’un point de vue géomorphologique, Mayotte est constituée de quatre massifs volcaniques qui ont permis au BRGM de retracer son histoire comme étant la suivante:

- Les massifs Mtsamboro à l’extrême Nord-Ouest et Bouéni au nord, au centre et au sud sont les témoins des deux importants volcans bouclier nés il y a environ 15Ma sur le plancher océanique et dont les basaltes fortement sous-saturés sont à l’origine de la formation d’une grande partie de Grande Terre entre 8 et 5 Ma. A partir de 5 Ma ces volcans commencent à se fissurer à leur périphérie, permettant à de longues coulées de laves fluides de s’épancher sur de grandes distances en empruntant les vallées creusées par l’érosion. Ces longues coulées, plus jeunes et donc moins altérées, forment actuellement des pointes se jetant dans la mer. Aux alentours de 3,3 Ma la composition des laves devient alcaline pour former des phonolites, plus visqueuses, qui empruntent les fissures du volcan pour atteindre la surface sous forme de dômes ou de neck dont le Mont Choungui et la pointe Saziley en sont des témoins.

- Entre 2,5 et 1,4 Ma, une distension N-S est à l’origine de l’amincissement et de la fissuration du plancher océanique. La remontée de magma associée à ce phénomène entraîne une baisse de sa pression interne et l’augmentation de son taux de fusion. Ce phénomène est à l’origine de la formation de l’importante masse de phonolites du massif M’Tsapere, au Nord-Est de Grande Terre.

- Le dernier massif, composé de la pointe Nord-Est de Grande Terre et de Petite Terre, date de moins d’un million d'année et est lié à la remontée d’un magma trachytique dans un contexte marin. A cet endroit, la rencontre de l’eau et du magma visqueux est à l’origine d’un volcanisme phréato-magmatique très explosif responsable du rejet de nombreux débris pyroclastiques et de la formation de cratères comme ceux que l’on retrouve proche de Kawéni, où, dans un passé plus récent le maar Dziani Dzaha. On peut également remarquer, dans une proportion plus modeste, un magmatisme de type strombolien ayant formé de petits cônes visibles proche de Mamoudzou ou formant « Le Rocher » de Dzaoudzi.

D’un point de vue pétrologique, la différence observée dans la composition des laves, et notamment leur teneur en silice, est expliquée à Mayotte par la variation du taux de fusion d’une source magmatique identique et homogène, un taux de fusion plus élevé favorisant une plus forte interaction entre le panache mantellique ascendant et le plancher océanique et donc la formation de laves plus riches en silice. La présence de forces en distension ayant favorisé l’amincissement de la croûte et le rapprochement du magma avec la surface, la baisse de pression associée à permis d’atteindre un taux de fusion plus important à l’origine de la remontée des phonolites du massif M’Tsapere.

On a longtemps cru que les dernières traces de volcanisme à Mayotte dataient de plusieurs centaines de milliers d’années mais à la fois les dernières études datant de 2003 ayant révélé la preuve d’un volcanisme récent (7 000 ans) et la mise en évidence en 1998 par une équipe du Centre d'océanologie de Marseille de la présence de bulles de gaz carbonique acide s’échappant d’un petit cratère sous-marin permettent de penser qu’il pourrait encore exister une manifestation volcanique sous l’Ile au Lagon…


Par Tethys - Publié dans : Afrique - Communauté : Géologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés