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stromboli.jpg Localisation : Iles Eoliennes, Italie.
Coordonnées : N 38° 79'
                            E 15° 21'
Altitude : 924 m

Description succinte : Stratovolcan actif
Volcan rouge

Photo: Vue aérienne, Avril 2007 - Lionel Ruhier

Accessibilité: Facile - L'ascension se fait en 3-4h et ne présente pas de grosse difficulté. Depuis la grosse éruption de 2003 son accès est beaucoup plus réglementé et il est obligatoire de louer les services d'un guide. L'ascention se fait en fin d'après midi afin de profiter du coucher de soleil  et d'un bout de nuit au sommet (toujours trop court), la redescente se faisant à la lampe.

Ce volcan est une destination fréquente offerte par l'équipe d' Aventures et Volcans.


Stromboli est la plus septentrionale des îles de l'archipel volcanique Eolien. Ces îlesrésultent d'un volcanisme calco-alcalin qui trouve son origine dans la subduction de la plaque Africaine sous l'Eurasie. Les nombreuses enclaves de roches métamorphiques et sédimentaires retrouvées dans les émissions volcaniques montrent que le substratum de ces édifices appartient au bloc continental calabro-sicilien. Deux provinces pétrographiques distinctes se retrouvent: la première représentée par des roches moyennement calco-alcalines (Lipari, Salina, Panarea, Filicudi et Alicudi), la seconde présentant des roches calco-alcalines potassiques à fortement potassique (série Shoshonitique) et qui comprend Vulcano et Stromboli. Ces deux dernières îles étant les seules présentant aujourd'hui un volcanisme actif, on assiste donc à une évolution dans le temps des magmas d'un pôle basique vers un pôle acide.

Le Stromboli est un édifice de près de 3 km de hauteur depuis le fond de la mer Tyrrhénienne et culminant à 924 m au dessus du niveau de celle-ci. La superficie émergée est de 12km². Il est le résultat de la superposition de plusieurs édifices successifs dont les vestiges du 1er émergé semble être le petit îlot de Strombolicchio (daté d'environ 200000 ans). Pas moins de 6 édifices distincts semblent avoir été reconnus, jetez un oeil par ici si vous voulez de plus amples informations (http://www.swisseduc.ch/stromboli/volcano/geol/index-en.html). Notons cependant le Vancori (phase IV?) qui forme à 924m le sommet de l'île et le volcan actuel de le Sciara qui est actif depuis environ 5000 ans et qui est situé environ 200m en contrebas. Ce dernier édifice c'est mis en place à la faveur de l'effondrement vers le NW (voir photo 1) du volcan antérieur, il y a 5000ans. Ce glissement est a priori la conséquence d'une éruption phréatomagmatique qui fragilisa les pentes du volcan et est appelé aujourd'hui Sciara del Fuoco (Chemin de Feu). Cette dynamique semble coutumière à Stromboli, puisque un énorme effondrement du même type est à l'origine du démantèlement du précédent Vancori, il y a de cela 13000 ans. Ce phénomène est encore très redouté aujourd'hui et la zone de glissement est activement surveillée en raison des risques de raz de marée (la mode dirait Tsunami).
C'est à Stromboli que fut défini le dynamisme éruptif strombolien, caractérisé par l'éjection, à intervalle plus ou moins réguliers (quelques minutes à heures) et pendant quelques secondes, de cendres et de lambeaux de lave incandescente. Parfois des coulées de lave sont émises et s'épanchent jusqu'à la mer. Plus rarement il peut être complété par des explosions beaucoup plus importantes, comme en 1930. Selon un article publié en juillet 2007 dans la revue « Nature », les gaz provoquant ces explosions ont des températures de l’ordre de 1100°C (la température du magma) contrairement à ceux émis lors des périodes calmes qui sont d’environ 700°C. Les explosions seraient donc la conséquence de la remontée de poches de gaz profondes se formant à une profondeur comprise entre 800 m pour les plus modestes et 2700 m pour les plus importantes.
D'après Krafft et Larouzière (1991), trois types de roches se retrouvent principalement sur Stromboli. Les rhyodacites se présentent uniquement sous forme de ponces surmontant une brèche d'explosion, elles sont peu représentées et montrent une activité acide assez ancienne du volcan. Les andésites (Augite, plagioclase, olivine et verre) et trachyandésistes (biotite, hypersthene, plagioclases, feldspath alcalin et rares olivines) sont très représentatifs du Vancori mais également encore présents aujourd'hui, on trouve d'ailleurs de magnifiques augites tout autour des crêtes. Enfin, les basaltes et trachybasaltes (pyroxene-olivine-biotite et microlites de plagioclases) forment l'essentiel des éjections et coulées des cratères actuels. On trouve enfin quelques Leucites à Vancori.

Le Stromboli est en éruption continue depuis plusieurs centaines d’années ce qui en fait un des volcans les plus connu du monde. Les éruptions, espacées en moyenne d'une vingtaine minutes, offrent aux nombreux visiteurs un spectacle grandiose à la tombée de la nuit. Cette activité lui a valu le surnom de "phare de la méditerranée"car il constituait ainsi un repère visible pour les navigateurs de l'antiquité. Les îles éoliennes et en particulier Stromboli (anciennement Strongyle) jouent un grand rôle dans la mythologie, Les Grecs y plaçaient le séjour d'Eole, dieux des vents; ils y voyaient aussi les forges de Vulcain et le berceau de Diane. Dans l'odyssée d'Homère, Ulysse y débarque après s'être échappé du Cyclope. Strabon, Pline, Auguste, Tibère et d'autres anciens naturalistes parlent de ce volcan avec un sentiment d'effroi. De même, au moyen âge, le pape Grégoire 1er y voyait le séjour des damnés. Ces "légendes" ont été vives jusqu'à la moitié du 19ème siècle, à partir duquel la volcanologie prit un réel essor.

De nombreuse éruptions importantes ont eu lieu sur Stromboli au travers des âges. Au cours du XXème siècle, l'éruption de 1930 fut la plus importante. L'éruption s'étala durant toute l'année mais le paroxysme se produisit dans la matinée du 11 Septembre. Suite à deux très fortes explosions pulvérisant le cratère, une pluie de cendre s'habatit pendant 40 minutes sur l'île et des blocs de près de 30 tonnes furent projetés à 3km du cratère, certains détruisant des habitations aux villages de Stromboli et de Ginostra. Une nuée ardente, peu fréquente sur Stromboli, tua également 4 personnes et un raz de marée tua une personne. Au total l'éruption fît 6 morts. Sous la puissance de l'éruption, l'île se souleva d'un bon mètre avant de se restabiliser par la suite.

A la fin décembre 2002 l'activité du Stromboli change brusquement. Une très forte explosion recouvre de cendres le village de Stromboli. La paroi nord du cratère Nord-Est s'effondre et se présente et des coulées de lave sont émises depuis une fissure sous le cratère Nord-Est.  Le 30 décembre  2002, deux glissements de terrain de plusieurs millions de  m3  de blocs et de cendres depuis une zone dans la Sciara del Fuoco et emportant la coulée émise depuis le 28 décembre. Après un retrait de la mer, un raz de marée provoque des vagues de plusieurs mètres de haut qui blessent 6 personnes sur l’île tout en provoquant des dégâts importants. Le 1 janvier 2003, l’île est presque complètement évacuée et l’armée est sur place avec une surveillance permanente par hélicoptère. Par la suite les coulées de lave s'épanchent à partir d'un évent situés à 500 m d'altitude. Le 5 avril 2003, un paroxysme se produit au cratère Nord-Est mais aussi au cratère Sud-Ouest. Un panache de plus d’un kilomètre de haut s’élève au-dessus du sommet. Des blocs tombent sur Ginostra, au sud, endommageant deux habitations. Un bloc de 20 t tombe près du sentier d'ascension, à 600 m d’altitude. Le panache est important, chargé en cendres qui s'effondrent et provoquent des écoulements pyroclastiques. Toute la zone sommitale fut entièrement recouverte par plusieurs dizaines de centimètres de blocs, et de cendres. Les scientifiques qui surveillent alors l'édifice en hélicoptère échappent de peu à la mort. (Les infos sur cette éruption sont ici résumées à partir de http://decobed.club.fr/Stomboli.html). L'éruption s'arrête le 21 Juillet 2003.

Depuis lors, l'ascension du volcan est beaucoup plus réglementée et le guide est aujourd'hui obligatoire. Malgré la frustration de ne plus pouvoir passer la nuit au sommet, la ballade est toujours aussi belle!


Photo : éruption strombolienne classique, antérieure aux événements de 2003 - Hervé Jomard


Par Tethys - Publié dans : Europe et Moyen Orient - Communauté : VOLCANS
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